Trois confinements et un vaccin

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Le 17 mars c’était l’anniversaire du premier confinement. Il s’en est passé des choses en un an : 3 confinements, un vaccin (bon en vrai y en a plus qu’un).

Récemment, j’ai lu un article sur le blog de Clinesbox aka Céline qui a demandé (sur insta) à sa communauté si elle était pour ou contre le vaccin et pourquoi ? Elle en a fait un article qui m’a touchée, elle a su trouvé des mots justes et bienveillants. 
Je te dirais un peu plus tard ce que j’ai répondu.

Son article m’a donné envie d’écrire à ce sujet, de parler de comment j’ai vécu les choses, de mon point de vue sur le vaccin anticovid, un après. 

Petit retour en arrière

Le weekend du 7 mars 2020 j’étais invitée chez mes grands-parents (qui vivent à 400km de chez moi) pour fêter leur anniversaire de mariage avec une partie de la famille et leurs amis. De la bise et des embrassades il y en a eu !

(On était à mille lieues d’imaginer que ce réflexe serait à proscrire)

C’était un super weekend et je suis rentrée le coeur rempli d’amour.

Je n’imaginais pas que je ne les verrais pas avant longtemps et ce que j’imaginais encore moins c’est qu’une semaine après j’aurais chopé ce foutu virus…

Toute la semaine qui a suivi devenait chaque jour, plus angoissante : les infos, Twitter, Facebook. Tout le monde y allait de son commentaire et n’hésitait pas à donner son avis (entre les complotistes et les  pseudos scientifiques)

L’ambiance était tellement anxiogène (elle l’est toujours un an après hein). 

Le lundi 16 mars le bureau m’a appelée pour que je vienne plus tôt remplacer ma collègue, rentrée chez elle car fiévreuse. Je suis Secrétaire dans un cabinet médical pédiatrique.
À cette époque, on n’avait pas de masques, pas de vitre en plexi, juste de l’eau du savon et du gel hydro-alcoolique.

L’annonce

Le soir-même, le Président de la République nous annonçait qu’on serait confinés dès le lendemain 12H, soit le mardi 17 mars. 

Cette date qui nous marquera à jamais parce que personne ne s’attendait à ce qui allait se passer, c’était digne d’un mauvais film catastrophe.

« Nous sommes en guerre » 

Je dois bien avouer que j’avais tellement peur que je l’attendais impatiemment ce confinement. Je voulais juste rester chez moi pour éviter de chopé le Covid. Même si ça touchait principalement les personnes (plus) âgées, malgré mes 31 ans j’étais considérée comme à risque. 

Ce matin du 17 mars, je suis allée au bureau pour une réunion de dernière minute, histoire de faire le point et d’essayer de mettre en place un système pour que les gens ne se retrouvent pas entassés dans la salle d’attente. 

En « sécurité » chez soi                                                                           

J’avais hâte d’être chez moi et ne plus avoir à sortir.

Le soir même j’étais malade : fièvre, mal au bide allez c’est cadeau : diarrhée + nausées, je toussais et j’avais le nez qui coulait. J’ai paniqué puis je me suis dit que c’était très certainement une gastro. Je ne me voyais pas appeler SOS médecin avec les lignes surchargées. J’ai fini par appeler, parce que j’avais (vraiment) peur. Bon, tout ça pour qu’au final le médecin au téléphone me dise « ah bah c’est une gastro madame »

Je n’ai jamais été aussi contente d’avoir une gastro au point que j’ai remercié le médecin au téléphone, qui a du me prendre pour une folle. 

Le lendemain j’ai appris que ma collègue avait été testée positive au Covid. 

J’ai eu rendez-vous en visio avec mon médecin traitant et il m’a fait un arrêt maladie de 14 jours parce qu’au vu de mes symptômes il se pouvait bien que ce soit le Covid. Je n’ai pas fait de test PCR parce que d’après lui, ça ne servirait à rien et toute façon y avait pas assez de tests pour tout le monde. Je devais quand même rester vigilante parce que ça pouvait évoluer très rapidement. Bon bah voilà qui est fait. 

Pour résumer mes symptômes : fièvre sur plusieurs jours, diarrhée et nausées, maux de tête, toux, éternuement perte de goût et d’odorat.

Ce n’est que 4 mois plus tard que j’ai su officiellement que c’était le Covid en faisant une prise de sang qui a révélé la présence d’anticorps.

Bref, j’ai eu la « chance » de faire une forme légère étant considérée comme « personne à risque » alors je m’estime chanceuse. Une fois mon arrêt maladie terminé et les symptômes disparus, j’ai vécu le confinement plus sereinement disons.

vaccin
vaccin anticovid

Alors ce vaccin pour ou contre ?

Pour en revenir à la réponse quant au sondage de Céline sur Insta : pour ou contre le vaccin ?

Je trouve ça formidable que les chercheurs aient créé ce/ces vaccin(s) en un an. Je comprends aussi qu’on puisse être réticent, indécis parce que c’est tout nouveau. On ne connait pas tellement les effets indésirables. Ça fait peur. Chacun a son avis et, bien sur, j’ai le mien.

Personnellement, j’ai plus peur du virus lui-même que du vaccin. Tu l’auras compris, je suis pour le vaccin.

À mon sens, la vaccination est un geste citoyen parce qu’on se protège soi, mais on protège aussi les autres.

Je préfère me faire vacciner et retrouver ma liberté, pouvoir retourner à une vie « normale ».

Au moment où j’écris, ça fait un an que je n’ai pas vu mes grands-parents et je ne sais pas quand je pourrais les revoir. Ils sont de nouveau « confinés » depuis le 20 mars.  

Je suis pour parce que je suis épuisée, ça fait un an que je vis les choses seule. Parce que j’ai un semblant de vie sociale grâce à mon travail. Parce qu’il y a un an j’ai chopé ce foutu virus. Et surtout parce que je refuse de continuer à vivre dans la peur.

Panorama de Ouistreham
Panorama de Ouistreham (14)

D’ailleurs, j’ai reçu la première dose du vaccin Pfizer le 8 Mars 2021 et je recevrai la seconde le 2 Avril prochain. En dehors d’une sensation d’avoir servi de punching-ball le lendemain, rien à signaler.

J’en ai parlé brièvement dans un post Insta

Je te partage quelques mots de Céline (que tu peux retrouver sur son blog).

« Faire un choix au regard de la balance des bénéfices et des risques c’est exactement cela. Je pose exactement le même principe aujourd’hui face à la Covid-19. Si je dois avoir un vaccin pour retrouver ma liberté, profiter, rêver, je le ferai, de façon décidée et en pleine conscience je le répète. Vivre enfermée, dans mon appartement, à avoir perdu toute ma spontanéité, perdu ma liberté de vivre et d’aimer est simplement impossible. »

Il y a un an on vivait dans la peur du virus. Aujourd’hui, on vit dans la peur du vaccin.

Comme je le disais, je m’estime chanceuse de pouvoir me rendre au travail. Il m’aide à avoir un semblant de vie sociale parce que lorsque je sors du bureau je suis seule, avec mon chat. J’aime vivre seule mais il y a des limites à la solitude et j’ai atteint la mienne.

Bien sur, il n’y a pas que du mauvais dans tout ça. Je crois sincèrement qu’il faut tirer le positif dans le négatif, pour s’améliorer. Cette période aura eu le mérite de me faire prendre du recul et voir ce qui va et ne va pas. Et j’espère que c’est pareil pour la majorité d’entre nous.

Tous dans le même bateau

Je pense aux soignants qui sont au bout du rouleau. Ceux qu’on applaudissait tous les soirs à 20h pendant le premier confinement. Qui les applaudit encore aujourd’hui ? Pourtant, la tension dans les hôpitaux est toujours présente. Quelle hypocrisie quand j’y pense. Dès le déconfinement, il n’y a plus eu personne aux fenêtres à 20h. Le personnel soignant fait un travail remarquable chaque jour de l’année et a été mis a rude épreuve.

Je pense aussi à celleux qui ont perdu leur travail, à ces commerçants qui ont du mettre la clé sous la porte. Aux étudiants, aux personnes isolées.

La situation est difficile pour tout le monde mais il n’y a qu’ensemble qu’on pourra s’en sortir.

I have a dream

Je rêve du moment où on nous annoncera que, ça y est : on a vaincu le covid !

En revanche je suis contre le retour de la bise 😗

J’ose espérer que tout ira mieux rapidement, qu’on puisse avancer, sans oublier.

J’suis ptet un brin optimiste, que veux-tu, je vis dans le monde des bisounours. Et alors ?

Audrey